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Réellement Libres!

Par Emmanuel Félix, fils, Radio 4VEH, 18 novembre 2013

Saint-Domingue était une colonie française.  Cependant, le 14 Août 1791, les esclaves du Nord de l’Ile se réunissaient à la Plaine-du-Nord, à Morne-Rouge où est établie la Radio 4VEH, plus précisément tout près de l’habitation Lenormand de Mézi, pour organiser une révolte qui bien vite prit l’allure d’une véritable révolution humanitaire couronnée d’un plein succès par la dernière et glorieuse bataille de Vertières le 18 Novembre 1803.

Dès octobre 1803, l’équation des forces en présence était significative.  L’Ouest venait de capituler avec la reddition de Port-au-Prince sous les coups répétés du Général en Chef Jean-Jacques Dessalines qui ramassa l’épée tombée des mains du précurseur Toussaint Louverture.  Le Sud également tomba entre les mains du Général Geffrard préoccupé seulement lors à réprimer une prise d’armes inopportune à Jacmel.  Et voici que les armées déguenillées de l’Ouest, de l’Artibonite et du Nord commençaient à déambuler vers le Limbé, comme point de ralliement, sur des routes défoncées et sous une pluie battante depuis un mois, traînant de lourdes pièces de canon, avec la ferme détermination de capturer le Cap-Français qui, avec le Môle St. Nicolas dans le Nord-Ouest, constituait le dernier bastion de la résistance française à St. Domingue.  Qu’importe!  Il fallait en finir vite avant l’arrivée plausible des nouveaux renforts tant espérés par les forces d’occupation.

Ce fut ainsi que le 17 Novembre, quelques douze ans après le serment du 14 Août, donnant corps à un grand rêve, les noirs se rassemblaient encore une fois, à Morne-Rouge, mais pour l’assaut final contre les bastions de la turpitude humaine.  Leurs cris de guerre, c’était de « vivre libres ou de mourir ».  Et leur résolution farouche se trouvait merveilleusement cristallisée dans ce chant martial:

“Grenadye, à l’assaut!

     Sa ki mouri zafè a yo.

     Nan pwen manman

     Nan pwen papa

     Grenadye, à l’assaut!

     Sa ki mouri zafè a yo.

(Grenadiers, en avant!  Tant pis pour ceux qui seront morts.  Il n’y a aucune considération de père ou de mère.  Grenadiers, en avant!  Tant pis pour ceux qui seront morts.)

Et voilà, nos 27.000 soldats aux jambes de fer et aux poignets d’acier, qui, affamés, mais électrisés par le regard dominateur, les gestes d’impatience et les fortes paroles du Chef, les voilà baignés de sueur, couverts de haillons et de boue, on dirait plutôt des démons noirs, crispés de colère, vomis par l’enfer créé à St Domingue par les esclavagistes de l’heure ; les voilà qui, méprisant la mort, montaient à l’assaut des positions fortifiées où se retranchaient ces hardis légionnaires qui ont dompté l’Égypte et mis l’Europe à genoux devant le trop orgueilleux Napoléon Bonaparte.

Dès le 17, Christophe et Romain s’emparaient de la Vigie par surprise et semaient la mort au Cap-Français pour obliger une bonne partie des troupes françaises à rester dans la Ville.  Et, le 18, à quatre heures du matin, le général Clerveaux ouvrit les hostilités en envoyant ses boulets enflammés sur Bréda, une place forte des Français.

Dès lors, et pendant plus de dix heures, c’était la sérénade de la mitraille et le grondement étourdissant des canons qui semaient la mort dans les deux camps, très particulièrement du côté des indigènes.

François Capois, dit Capois la Mort, aura son chapeau enlevé par un premier boulet, et son cheval tué par un second boulet.  « En avant, les braves! » cria-t-il toujours.  « Les boulets sont de la poussière! »

Sur quel champ de bataille a-t-on jamais vu pareil acte de bravoure ou d’héroïsme! 

Des hourrahs de joie intense et d’admiration profonde éclatèrent alors dans le camp des Français où l’on entendit également un roulement de tambour qui, un instant fit cesser le combat.  Puis, un officier se fit le porte-parole du Capitaine-Général Donatien Rochambeau pour transmettre ce message: « Le Capitaine-général Rochambeau envoie son admiration à l’officier général qui vient de se couvrir de tant de gloire ». En même temps, cet envoyé remit à Capois un autre cheval de la part du Capitaine-général, et la bataille recommença avec plus d’ardeur et de cruauté.

Gabart et ses vaillants hommes passeront l’arme au bras et aux pas de course sous les feux meurtriers de l’ennemi, d’ordre de Dessalines le Grand, pour occuper la Butte Charrier et faire taire les canons de Vertières.  Le général Vernet aura son cheval tué sous lui par un boulet enflammé. Le général Clerveaux, le plus ancien général de l’Armée des « sans manman et des sans papa » aura une épaulette arrachée par une balle et entendra désormais Dessalines l’appeler « le commandant des généraux de l’Armée ».  Paul Prompt, le fougueux commandant des dragons de l’Artibonite, et son remplaçant immédiat, Dominique Granier, tomberont transpercés de projectiles et de baïonnettes en chargeant les Français pour les obliger à rester dans Vertières, sous les feux nourris de l’Armée Indigène.

Honneur et Gloire aussi à la grande masse des « Sans Noms » qui se firent immoler pour l’érection de la Liberté dans le Nouveau Monde!  Pendant ce temps, pas un seul noir dans le camp des Français!

… Et voilà que la nature en colère, à travers une pluie diluvienne, l’orage, le vent et des éclairs fendant le ciel, mit fin à ce combat de titans surgis des entrailles de l’Afrique noire contre les forces aguerries de l’Europe civilisée.  Dès lors, ce fut l’Indépendance politique du peuple d’Haïti.

Mais la lutte continue toujours, belle et bien.  Car la liberté physique sans la liberté spirituelle n’est qu’un leurre.  A quoi servira-t-il à un homme ou à un peuple d’être physiquement ou politiquement libre, s’il est toujours esclave de ses péchés ou du père des mensonges?

En ce jour du 18 Novembre qui rappelle la gloire de l’épopée haïtienne, la Radio 4VEH, La Voix Évangélique d’Haïti, proclame la vraie liberté en Jésus-Christ. Pour vous, Christ a vécu l’atrocité de la croix, versé Son sang, donné Sa vie. Il a payé le rançon de votre liberté. Il vous donne Sa victoire ! Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, N’endurcissez pas vos cœurs.  Quand vous venez à Christ, selon qu’il est écrit dans Jean 8: 32, 34 et 36 :

« vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira…

Quiconque se livre au péché est esclave du péché… 

Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres. »